Assises de la Mobilité : la révolution est en route !

Assises de la Mobilité : la révolution est en route !

Les Assises de la mobilité placent l’innovation au cœur de leur démarche.

Mercredi 13 décembre se sont closes les Assises de la mobilité, consultation nationale de trois mois qui a consisté en près de 500 ateliers thématiques et territoriaux, rassemblé environ 6000 participants et 800 experts, vu émerger 2500 contributions et mobilisé tout le secteur des transports et de la mobilité, dans le but de fournir un vivier de propositions destinées à nourrir un projet de loi d’orientation des mobilités (pour 10 ans) attendu pour le mois de février 2018.

La Ministre des Transports, Elisabeth Borne, en parle comme du « premier temps de la refondation de notre politique des transports ». Thierry Mallet, PDG de Transdev et Président de l’UTP, souligne le caractère inédit et exceptionnel de la démarche des Assises consistant à partir des besoins réels des citoyens et non des questions d’infrastructures[1]. Le but était de placer l’innovation au cœur de la démarche de consultation, en poursuivant trois objectifs : donner de la visibilité à des initiatives ou bonnes pratiques, identifier les conditions d’essaimage de ces bonnes pratiques, et construire la méthode pour accompagner dans la durée des initiatives.

« Non, la mobilité durable n’est pas une préoccupation de bobos » !

L’esprit des Assises va par ailleurs bien au-delà d’une restructuration de l’offre de transports, et répond à des enjeux de société : fracture territoriale, inégalités sociales, emploi, santé publique. À l’occasion de la séance de clôture des Assises, la Ministre insiste : « non, la mobilité durable n’est pas une préoccupation de bobos. La future loi définira les trajectoires de verdissement de nos véhicules en veillant à ne pas générer d’exclusion ».

Dans une logique holistique de refonte de notre politique de mobilité, et parallèlement au rendu des Assises, sont attendus pour fin janvier 2018 les rapports de 2 commissions spéciales : la commission Spinetta sur la SNCF et le modèle ferroviaire, et Duron sur les infrastructures finançables. Anne Marie Idrac, ancienne Secrétaire d’Etat aux Transports et ex-PDG de la SNCF et de la RATP, est en outre chargée de bâtir une feuille de route sur le développement du véhicule autonome, qui nourrira la stratégie nationale présentée en février 2018. A ce sujet, la France a la particularité de positionner le véhicule autonome comme une nouvelle solution de mobilité collective.

La loi d’orientation s’attachera à favoriser les solutions répondant aux besoins de mobilité quotidiens et concrets des Français, via la régénération des transports du quotidien et le développement des nouvelles mobilités. La Ministre a souligné : « des solutions nouvelles se développent, comme le covoiturage domicile-travail, le vélo à assistance électrique ou le véhicule autonome ». Autant de solutions que nous mettons en valeur depuis deux ans à Autonomy. La future loi d’orientation devrait aider à les intégrer dans des offres globales de transport. Les entreprises de transport public et les entreprises privées seront incitées à travailler ensemble pour des dessertes de plus en plus fines.

 

Mobilités actives, mobilités connectées.

Un Plan Vélo, élaboré par le Ministère des Transports, le Ministère de la Santé, le Ministère des Sports et le Ministère de l’Education national, sera également mis en place. Les travaux des Assises ont en effet mis en évidence que 75% des déplacements des Français étaient inférieurs à 5 km et que plus de la moitié des déplacements de moins de 3 km se faisaient en voiture. Sont donc à prévoir dans la loi la réalisation d’infrastructures cyclables et des facilités fiscales (indemnités kilométriques, soutien financier à l’achat). La Ministre, attachée au soutien aux mobilités actives, avait d’ailleurs annoncé le 10 octobre dernier qu’un nouveau dispositif de soutien à l’achat d’un vélo à assistance électrique serait imaginé en 2018 en remplacement de la prime supprimée dans le PLF pour 2018. La Ministre a insisté : « il faut cesser de regarder le vélo avec condescendance, en considérant que c’est un sujet mineur », et nous ne pouvons que nous en réjouir, car nous considérons la mobilité active comme un axe majeur des nouvelles mobilités !

Sera également prévu un projet d’open data généralisé pour favoriser les Maas. Les Assises ont révélé un enthousiasme pour le principe de l’ouverture des données, notamment du fait des innombrables startups de la mobilité.

Enfin, un fort soutien aux expérimentations est à noter : les startups et PME du secteur pourront bénéficier de financements grâce à une enveloppe de 150 M € dans le cadre du Plan d’investissements d’avenir, et 500 Mds € seront dédiés à des projets d’organisation territoriale innovants, ponctionnés dans le cadre du Grand Plan d’investissement 2018-2022. Ces moyens s’ajoutent aux augmentations de  crédits (de 500 000 € en 2018, puis 700 000 € dès 2020) de la mission « Ecologie, développement et mobilités durables » du PLF 2018.

 

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Crédits : A. Bouissou / Terra

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