Le futur de Mappy – Interview

Le futur de Mappy – Interview

Le service de cartographie français Mappy, qui a eu 30 ans cette année, compte 12 millions de visiteurs uniques par mois qui lui permettent de rivaliser avec Google Maps et Waze. L’an dernier, notre partenaire a lancé un comparateur de déplacements pour toute la France, avec GPS intégré. Comment ce nouveau produit a-t-il été reçu et quels sont les projets de Mappy pour la suite ? Bruno Dachary, directeur général, nous l’explique.

Pourquoi avoir décidé de lancer un comparateur de déplacements?

Notre comparateur de déplacements a été lancé sur mobile l’an dernier à Autonomy, et nous venons de le lancer sur le web aujourd’hui ! Il recouvre tous les modes de transport sur l’ensemble du territoire français, et nous l’avons développé pour répondre à une attente importante de la part des utilisateurs. En effet, on s’est rendu compte en étudiant le marché, qu’il y avait beaucoup d’offres mais toutes limitées en termes de périmètre géographique ou de modes de déplacement. Nous sommes donc les seuls à offrir ce service.

Nous avons travaillé dans une logique “mobile first” car ça nous forçait à développer le comparateur avec plus de contraintes, notamment au niveau de la taille de l’écran qui oblige à faire davantage d’efforts en termes d’ergonomie. Par ailleurs, on sollicite déjà beaucoup nos serveurs et commencer avec le mobile permettait d’y aller progressivement.

Quels critères sont comparés ? Prévoyez-vous d’en intégrer de nouveaux ?

Pour le moment nos utilisateurs sont surtout intéressés par la comparaison du temps et du coût de déplacement. Mais si demain le bilan carbone rentre en ligne de compte pour une majorité d’entre eux, nous l’intégrerons. Il y a sans doute des critères qui viendront s’ajouter au fur et à mesure mais il est difficile de prévoir lesquels. Rappelons que chaque critère prend beaucoup de temps à mettre en place car il faut pouvoir obtenir les données pour tous les modes de transports disponibles.

Quels retours avez vous eu pour l’instant ?

On est passé à la vitesse supérieure en termes d’utilisateurs avec une augmentation de l’audience de près de 37% par rapport à 2016. Il y a un réel engouement pour l’application et  on observe de plus en plus de jeunes adopter Mappy. Si cela se confirme, ce serait une bonne nouvelle pour nous car notre audience se compose majoritairement de 35-49 ans, et nous avons besoin d’aller chercher les 15-25 ans, en particulier ceux qui n’ont pas de voiture. Nous en saurons plus quand nous ferons les statistiques sociologiques annuelles.

Une des fonctionnalités que nos usagers apprécient particulièrement est la navigation intégrée, qui leur évite de devoir changer d’application pour passer du comparateur au GPS. Notre calculateur d’itinéraire est,  l’un des plus performants du marché, surtout au niveau de la prise en compte du temps réel qui permet de calculer plus précisément le temps estimé à l’arrivée.

Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

La suite logique pour nous c’est le Mobility as a Service (MaaS), qui inclut la sélection du mode de déplacement, le paiement et la validation. Mais pour y accéder, il nous faudra collaborer avec d’autres acteurs du secteur, qui sont à la fois des concurrents et des alliés. Prenons l’exemple du STIF : il a sa propre application mais nous fournit des données de calcul d’itinéraire de transports en commun pour notre comparateur. Pourquoi ? Parce que nous avons compris que si nous ne travaillons pas ensemble, d’autres – et en particulier les Américains – proposeront ces services avant nous et que nous serons tous perdants. D’où l’importance de créer des alliances françaises.

Sur du plus court terme, on va commencer par compléter le dispositif des autocars sur notre comparateur, et  l’enrichir avec d’autres modes de déplacement comme les deux roues motorisés, notamment les scooters en libre service, et le covoiturage urbain.

En parallèle, on va travailler sur notre base de points d’intérêts (hôtels, restaurants, magasins etc.), qui est la plus importante en France, afin de proposer aux utilisateurs qui le souhaitent, de faire apparaître un certain nombre de ces points sur leur itinéraire en fonction de leurs habitudes et préférences.

De manière générale, on veut apprendre à mieux exploiter les données des utilisateurs qui nous l’autorisent, car elles peuvent s’avérer très utiles dans de nombreux cas de figure. Par exemple, nous avons étudié les déplacements des habitants d’une ville afin d’aider cette municipalité à programmer ses travaux de voirie et à communiquer efficacement auprès de ses administrés. Une autre commune a utilisé des données de déplacement pour étudier la fréquentation des rues la nuit, afin de régler l’intensité lumineuse en fonction de l’heureAutre exemple un peu plus original : une société d’exploitation  de crèches nous a récemment contacté pour les aider à trouver les lieux d’implantation de crèches les plus adaptés entre zones d’habitation et de travail. Là encore, la concentration des déplacements, et leur longueur, sont des éléments de prise de décision. les endroits de passage les plus fréquentés par les jeunes parents allant de leur domicile à leur lieu travail.

Le champ d’exploitation des données géographiques est vaste et personne ne peut imaginer quelle utilisation on en fera demain.

Pour assister à la conférence de Mappy sur le thème “Données, numérique, mobilité, les GAFA sont partout, avec des solutions et une force de frappe inégalées. En Europe, comment construire des écosystèmes de mobilité compétitifs et pour l’intérêt général ?” qui aura lieu le 20 octobre de 10h à 10h45, réservez dès à présent votre pass VIP pour Autonomy ici !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Follow

Get the latest posts delivered to your mailbox: