Paris, capitale de la mobilité urbaine ?

Paris, capitale de la mobilité urbaine ?

À chaque époque son opportunité.

Dans les années 1970, c’est San Francisco qui a su s’emparer de la révolution numérique. Grâce à la Silicon Valley, la Californie est devenue la sixième puissance économique mondiale (la France est neuvième). Si Paris s’est imposée comme capitale de la mode depuis le 19ème siècle, ne serait-il pas temps qu’elle s’attaque à une nouvelle mode ?

Nous avons atteint un point de basculement.

50 % de la population mondiale habite désormais en ville, et le nombre de citadins devrait encore doubler d’ici à 20 ans. Repenser nos déplacements urbains devient donc un enjeu majeur. Non seulement pour améliorer la qualité de vie des citadins (réduction de la pollution, des embouteillages, du niveau de bruit, du temps de trajet), mais aussi pour s’assurer que la transition de la mobilité se fasse en douceur. En effet, il faut réfléchir sans tarder à l’avenir des plus de 50 millions de postes dans le secteur des véhicules diesel et essence à travers le monde. Et qui dit enjeu majeur, dit opportunité économique d’envergure. Une étude tout juste publiée par Markets and Markets prévoit que le marché du transport intelligent représentera 220 milliards de dollars en 2021, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2016.

Imaginez : Paris, la Silicon Valley de la mobilité urbaine.

Des centaines de start-ups qui germent dans le Grand Paris, des milliers de postes créés, et toutes les pointures du monde du transport qui se pressent chaque année aux portes de notre grande conférence internationale. Pour se convaincre que la capitale française est indéniablement la candidate parfaite pour ce poste, il suffit de nommer les géants du transport qu’elle abrite. La SNCF, la RATP, Transdev, Alstom, Airbus… la liste est longue ! Nul part ailleurs y a-t-il une telle concentration d’entreprises de mobilité.
Paris est également la ville la mieux desservie par les transports en commun au monde, avec 100 % de sa population située à moins d’un kilomètre d’une station, d’après l’Institute for Transport and Development Policy. La diversité des moyens de transport y est en effet impressionnante. 303 stations de métro, cinq lignes de RER, des trains, bus, tramways, navettes fluviales, ainsi que des systèmes de partage de vélos (Vélib’), voitures (Autolib’, Zipcar), et scooters (Cityscoot). Ce système va encore être amélioré grâce à l’installation du Grand Paris Express, de nouvelles lignes de métro automatiques qui créeront, à terme, 15 000 à 20 000 emplois directs.

Sur le plan des pouvoirs publics, Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente du C40 Climate Leadership Group, fait de la mobilité urbaine une de ses priorités. Dernière mesure en date : l’inauguration, fin mars, du parc des rives de Seine, rendu possible grâce à la piétonnisation des voies sur berge dans le centre-ville. Cette préoccupation d’améliorer le transport en ville se retrouve aussi dans le dossier de candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024. En effet, afin de réduire l’empreinte carbone des JO de 55 % par rapport à ceux de 2012, l’objectif est que 85 % des athlètes soient à moins de 30 minutes de leurs sites de compétition, et que 100 % des spectateurs se déplacent en transports publics ou partagés.

À la veille de l’élection présidentielle, on remarque également une prise de conscience à l’échelle nationale. Benoît Hamon veut consacrer 100 milliards d’euros à la rénovation urbaine et thermique, Jean-Luc Mélenchon souhaite sortir du diesel en développant les véhicules partagés, électriques, et la mobilité douce, Emmanuel Macron vise une réduction de moitié du nombre de jours de pollution atmosphérique, et François Fillon a pour objectif d’éliminer les énergies fossiles de la production d’électricité.

Il s’agit maintenant de se saisir de cette opportunité avant qu’une autre ville le fasse.

Dans le cadre d’Autonomy, nous avons rencontré des entrepreneurs chinois qui ont réussi à concrétiser leur idée de véhicule électrique en seulement deux ans. Comment la France peut-elle concurrencer une telle rapidité ? Avec la renommée de ses marques, comme c’est déjà le cas dans le domaine du luxe où les entreprises de l’Hexagone représentent presque un quart du chiffre d’affaires mondial, selon Deloitte.
Regardez Barcelone. En six ans, elle est devenue la référence en matière de villes intelligentes avec sa Smart City Expo. L’an dernier, l’événement a accueilli plus de 600 villes et presque 17000 visiteurs. Et pour cause : la plupart des villes du monde cherchent à devenir des villes intelligentes et se rendent donc à Barcelone pour trouver des solutions à cette problématique. Si Paris réussit à en faire de même pour la mobilité urbaine, ces mêmes villes s’y déplaceront pour s’inspirer des entreprises française et améliorer le transport chez elles.

Vous aussi êtes persuadés de l’incroyable potentiel de Paris ? Alors rejoignez notre communauté et, ensemble, faisons bouger nos villes !

Autonomy

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